Le témoignage de cet animateur parental :

En 16 ans de militantisme, un millier de parents, surtout des pères, plus rarement des mères, ayant des difficultés pour continuer de voir leurs enfants, sont venus à ma rencontre. En effet, la discrimination parentale induite par la pratique judiciaire qui institue lors des séparations un parent "principal" et un parent "secondaire", vise statistiquement dans 85 à 90 % des cas les pères, tout en frappant toutes les couches de la société sans distinction.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se joindre aux pères qui deviennent des "sous-parents": de nouvelles compagnes, des mères, sœurs ou tantes des papas. Il y a aussi une nouvelle génération de femmes plus âgées (jeunes grand-mères) qui viennent soutenir leurs propres fils divorcés ou séparés qui rencontrent des difficultés pour conserver des liens avec leurs enfants.

1° Ce que je retiens en premier, c'est que chacun exprime que sa discrimination parentale est exceptionnelle et que sa souffrance est unique.

2° Ils désignent des cibles mouvantes pour expliquer leur discrimination (soit leur ex, soit leur avocat ou celui de leur ex, soit le JAF, soit l'enquêteur, soit l'expert, etc. Il est rare que soit mise en avant la responsabilité des politiques familiales.

3° Quasi-unanimement, les parents discriminés considèrent qu'il y aurait une providence à trouver soit un avocat, une personnalité, une association ou un chemin particulier pour faire cesser subitement leur discrimination en un claquement de doigts.

4° Les parents qui se « réconcilient » avec l'autre sexe surmontent mieux leur épreuve.

5° Les parents séparés qui refont leur vie voient leur souffrance diminuer en ayant de nouveaux enfants, ou en cohabitant avec une femme ou un homme qui a déjà des enfants, trouvant compensation d'être empêchés partiellement ou totalement d'avoir des liens avec leurs propres enfants.

6° Les parents qui ont un statut social important sont les plus réticents à exposer publiquement (médias,tracts) leur souffrance et discrimination qu'ils subissent. Dans cette catégorie, nous trouvons des personnes très aisées financièrement, des personnes d'un haut niveau de savoir comme les enseignants, des personnes ayant des postes d'autorité comme des chefs de service, militaires ...

7° l'intérêt de prendre un avocat est très limité car quel que soit le talent des avocats, les parents finissent presque toujours condamnés de façon "standard" à:

- un droit de visite de 2 week-end par mois, dont les frais de déplacement seront à leur charge exclusive,

- condamnés à payer une prestation compensatoire pour leur ex,

- condamnés à payer une pension alimentaire pour les enfants qui sera due aussi pour les périodes où ils ont la charge et l'hébergement de l'enfant,

- la prise en compte des enfants pour les prestations sociales bénéficie exclusivement au parent qui a la résidence des enfants, y compris en situation de résidence alternée.

De plus, l'avocat ne pourra garantir que la décision de justice sera appliquée dans les cas de fort conflit voire de tentative d'exclusion parentale, qui se nourrit de 3 branches, à savoir: la non représentation d'enfant répétée pour faire obstacle à l'exercice du droit de visite, l'éloignement géographique volontaire, et les fausses accusations.

8° Aux sceptiques qui considèrent que les discriminations liées à la séparation et aux non représentations d'enfant, ne seraient pas pour une large part de la responsabilité politique de chaque gouvernement qui se succède, je rappelle que les Procureurs sont dépendants hiérarchiquement du Ministre de la Justice. Il suffirait que celui-ci leur adresse une circulaire pour exiger une comparution immédiate des auteurs de délit de non représentation d'enfants. Avec des peines planchers, en cas de récidive sur lesquelles le JAF pourrait s'appuyer pour décider d'un transfert de domiciliation de l'enfant au parent qui respectera la place de l'autre parent. Je rappelle aussi que rien n'est fait pour décourager les parents qui abusent de l'aide juridictionnelle en l' utilisant pour multiplier à souhait les procédures, confondant la lutte contre leur ex et le combat dans l'intérêt des enfants. Il serait bien préférable pourtant de rendre la médiation familiale obligatoire, en donnant aux médiateurs de réels pouvoirs, plutôt qu'utiliser l'argent public uniquement pour entretenir des conflits judiciaires qui ne font que prolonger interminablement les conflits parentaux.